En repos forcé depuis bientôt un mois, Malik Assami et ses U14 prennent leur mal en patience. Mais ce groupe qui est une petite famille, continue à garder des liens au travers des réseaux sociaux, en attendant de pouvoir se retrouver sur les terrains.
Malik, peux-tu nous présenter ton équipe ?
Je dirige les U14 qui évoluent en D1 avec Nicolas Reynier. Nous sommes ensemble depuis 3 ans. Cette année, un petit jeune, Corentin Forrest a rejoint le staff. On a pris quelqu'un, Julian, qui vient tous les vendredis et qui s'occupent de la réathlétisation. On a laissé ça à un préparateur physique car c'est son métier.
On a un groupe de 15 joueurs né en 2007. On s'appuie sur des U13 également dont un fait partie du groupe. On essaye d'intégrer de temps en temps quelques U13 Critérium. En parallèle, j'ai repris l'équipe des U18 féminines qui jouent en régional.
Quelle est votre philosophie de jeu ?
On ne travaille pas physiquement uniquement en courant autour d'un terrain. Je trouve cela bête. On fait des jeux, où on demande plus en terme d'intensité. Au lieu de faire un 7 contre 7 où tu peux te cacher, on fera un 3 contre 3. On a un groupe homogène, on ne se base pas sur quelques individualités comme le font certains. On essaye de repartir de derrière, quitte à prendre des buts. C'est en faisant des erreurs qu'on apprend. On aime jouer, récupérer haut le ballon, pour ne pas avoir 80 mètres à faire pour marquer un but. On a trois règles qui nous habitent : je ne donne jamais arrêter, je ne suis jamais arrêté et je ne reçois pas arrêter.
"On fait travailler les têtes…"
Le confinement a mis un petit coup d'arrêt à ton équipe qui avait bien débuté la saison…
On est invaincu, avec 3 victoires et un nul. On a un très bel effectif, avec des joueurs qui se connaissent bien. On a eu la malchance de ne pas être en régional. On est une famille et ça se ressent sur le terrain. On a réussi à recruter des joueurs qui devaient jouer plus haut, mais ils ont senti qu'ici, ils pouvaient progresser. Ça prouve qu'on est attractif. On va s'entrainer pour être prêt, jusqu'au moment où on pourra jouer.
Comment gardes-tu le lien avec ton groupe pendant cette période?
On a un groupe Whatsapp. C'est plus pratique que d'envoyer un message à chacun. Je leur donne un programme, avec une thématique athlétique mais il y a aussi du jeu, il faut que ce soit ludique. On fait aussi participer les parents. Je fais des quizz, leur demande aussi de m'expliquer certaines phases de jeu. Ce n'est pas que du foot bête et discipliné où on apprend une définition, il faut savoir démontrer. On fait travailler les têtes. Enfin, je peux leur demander de faire des jongles pied droit, pied gauche, tête. Ils m'envoient ça sous forme de vidéo, les joueurs ont 24 heures pour répondre. Et j'établis un classement. Ça motive tout le monde et ça permet de resserrer les liens.
Comment gères-tu cette période de flou ?
On est dans l'attente, on attend les infos. Ça fait presque un an qu'on nage dans l'inconnu, sans savoir si on va jouer le dimanche. C'est dur parce que les enfants ont envie de jouer, nous, on a envie de coacher. On a tous la même passion. Ne plus avoir de vestiaires, déjà, c'est compliqué. Quand je vois les conditions dans lesquelles on se change, sur le terrain dans des guérites... Je n'ai plus fait de causeries dans un vestiaire depuis 7 mois. Le maître-mot, c'est s'adapter. On est tous dans le même bateau et on attend le feu vert pour rejouer, si les conditions sanitaires le permettent.
J.O